SpacemiT K3 : le premier CPU IA RISC-V en production de masse conforme RVA23

SpacemiT, un fondeur chinois de cœurs RISC-V, a publié fin janvier 2026 son K3 — présenté comme le premier CPU IA RISC-V en production de masse conforme au profil RVA23. C’est une annonce qui mérite d’être lue à froid : elle combine du matériel, un standard, et une démonstration d’inférence locale sur un processeur non x86/ARM. Ce que le K3 revendique :

  • 8 gros cœurs de calcul X100 + 8 cœurs IA ultra-larges A100 sur le même die ;
  • 130 KDMIPS de puissance de calcul générique ;
  • 60 TOPS de puissance IA ;
  • unité vectorielle 1024 bits avec inférence FP8 native ;
  • virtualisation au niveau du chip ;
  • exécution native de modèles de 30 milliards de paramètres.

Une architecture « fusionnée »

Le K3 n’est pas un CPU classique avec un NPU collé dessus : il mêle les cœurs de calcul générique et les cœurs IA dans une même puce, avec interconnexion cohérente sur le plan des données. L’idée est de réduire la latence entre l’inférence et le contrôle, et de s’adresser directement au cas des modèles de taille moyenne qui tournent sur station ou serveur edge. Le K3 se positionne donc au-dessus du K1 de SpacemiT, qui a dépassé les 150 000 unités livrées (200 000 au total pour la famille des CPU IA RISC-V de l’entreprise), ce qui en fait l’un des plus gros volumes de RISC-V IA en production au monde.

Pourquoi le K3 est un signal fort

Trois éléments font du K3 plus qu’un produit : son conformité RVA23 (donc interopérabilité avec le standard serveur que les US et l’Europe normalisent), sa capacité à faire tourner un 30B localement (un jalon pour l’IA de bord), et son ancrage R&D de plus de 1 200 jours. Le tout a permis à SpacemiT de clôturer une levée de plusieurs centaines de millions de yuans (série B), positionnant le RISC-V comme un axe de souveraineté pour les puces chinoises — ce que confirme le chef de l’entreprise, cité dans la présentation : « les architectures ouvertes créent un nouveau chemin pour les puces chinoises de s’intégrer plus naturellement dans l’écosystème technologique mondial ».

Le message sous-jacent est important : le RISC-V, loin d’être un « sous-sol » limité à l’IoT, est désormais une plateforme crédible pour l’IA embarquée et le datacenter, et la Chine a pris une position de leadership sur cette niche.

Ce qu’il faut surveiller

Le K3 est en production, mais son adoptions commerciale reste à démontrer au-delà de la Chine. Les benchmarks tierces, l’écosystème logiciel (compilateurs, frameworks, drivers), et la capacité de SpacemiT à livrer à l’international seront les prochains indicateurs. Une chose est claire : le seuil psychologique « RISC-V = basse performance » a été franchi.

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